Je suis l'aînée d'une fratrie de 3 enfants après moi. Je crois que ça m'a forgée. Très tôt, j'ai eu cette impression qu'il fallait montrer l'exemple. Faire les choses bien. Se montrer responsable. Pour qu'ils suivent mes pas, et les protéger ainsi. Plus qu'une grande soeur, j'étais comme leur mère. Et même que j'étais la mère de ma mère.
Et c'est ok. Je suis du genre à penser que la vie, c'est comme un jeu de cartes. On ne choisit pas les cartes mais on peut choisir comment on les joue. Jusque là, j'ai plutôt bien parié. Chance ou mérite, je m'en sors plutôt bien.
Ce début de vie m'a appris à observer avant d'agir, à chercher à comprendre avant de juger quelqu'un. Voir les choses autrement.
J'ai toujours été différente.
Aujourd'hui je sais je n'ai pas peur de le dire : je suis neuroatypique.
À l'époque, je savais juste que je ne fonctionnais pas comme tout le monde.
Je posais trop de questions.
Je faisais des liens que personne ne faisait.
Je m'intéressais à tout.
Et quand les autres choisissaient une voie...
Moi, j'en prenais trois. 😂
Résultat ?
Une licence Lettres-Histoire -Droit.
Oui... les trois.
Parce que choisir, ce n'était pas vraiment mon truc.
J'avais envie de tout comprendre. Tout apprendre. Tout découvrir.
Et puis je suis arrivée en promo de mon Master Marketing, Vente et Commerce. Et là... je me suis demandé ce que je faisais là. J'étais la seule issue d'une licence de "lettres". La seule avec un profil littéraire. Autour de moi, mes camarades étaient issus de BTS, DUT, licence en éco, logistique, ou commerce...
Là où eux arrivaient en sachant ce qu'était un SWOT, un MIX MARKETING, un PESTEL, moi j'arrivais avec Molière, Victor Hugo, Rousseau et Platon dans mon sac.
Je pensais être en retard.
Et puis mon directeur de Master m'a permis de comprendre que ce qui faisait ma différence était ma force. Et la raison pour laquelle il m'avait sélectionné pour intégrer ce master. Pour lui, j'allais apporter ce côté "ouverture d'esprit", "curiosité" par les livres, la presse, les archives à mes autres camarades de classe qui maîtrisaient déjà beaucoup trop pour moi toutes les techniques du marketing.
Prendre conscience de cela a complètement changé ma façon de voir les choses.
J'ai cultivé mes différences comme le conseilla un jour Fabrice Luchini à Alison Wheeler (en référence à son nez qui faisait, selon lui, toute son âme).
J'ai affiné mon regard qui ne regarde pas comme celui des autres. Et j'ai fait en sorte de me faire une place dans ce monde, auprès de dirigeants, d'élus, de cadres..
Pendant que beaucoup de mes compères de Master devenaient des grands dans le commerce ou la grande distribution... moi je me spécialisais dans le "marketing territorial" (dont on ne parlait pas encore quand j'ai commencé à m'y intéresser).
Moi, j'ai accompagné divers acteurs ayant le pouvoir de faire bouger les territoires pour que ceux ci soient plus attractifs, plus connus et répondant au mieux aux besoins de ses parties prenantes.
Pendant plus de sept ans, j'ai donc affiné mes compétences en marketing territorial. En analyse de territoire. J'ai conseillé des collectivités, des élus, des entreprises. .
Et puis j'ai développé mes propres méthodes avec mes propres outils.
Et quand je suis tombée en phase down. J'ai commencé à appliquer mes méthodes et mes outils sur moi, afin d'aller mieux. Je croisais l'écoute attentive de mes psys avec des éléments plutôt issus de la gestion, de la stratégie. Et puis j'ai commencé à les appliquer avec les personnes autour de moi. Cela m'a permis de me rendre compte que je tenais une méthode que je pouvais appliquer pour tous. Individus, entreprises, territoires, associations. Tous.
Même dans les périodes où j'avais l'impression d'être enfermée dans une caverne. J'ai fini par toujours retrouver la lumière.
Petit clin d'œil à Platon. 😉
Chaque difficulté m'a appris quelque chose sur moi ou sur ma vision du monde.
Chaque détour m'a appris quelque chose.
Chaque échec aussi.
Alors un jour, je me suis demandé :
"Et si toutes ces expériences avaient finalement un sens ?"
Aujourd'hui, je ne crée pas une entreprise pour "devenir entrepreneure".
Je la crée parce que je crois profondément que tout ce que j'ai vécu peut servir à d'autres.
Pas parce que j'ai réponse à tout.
Loin de là.
Mais parce que je suis convaincue d'une chose :
On passe beaucoup trop de temps à chercher des réponses... alors qu'on possède déjà une grande partie des ressources.
Des compétences.
Des idées.
Des solutions.
Des rencontres.
Des opportunités.
Elles sont souvent juste sous nos yeux.
Et ça, je vais vous le prouver avec La Claire qui éclaire (des vies) - c'est promis.
Tout ce que je construis aujourd'hui...
Je ne le fais pas uniquement pour la femme que je suis devenue.
Je le fais aussi pour la petite fille que j'ai été.
Celle qui pensait que certains métiers étaient réservés aux autres.
Celle qui croyait que l'entrepreneuriat, c'était un monde inaccessible.
Celle qui n'avait pas les codes.
Aujourd'hui, j'ai envie de montrer qu'on peut partir de loin...
Et construire quelque chose qui a du sens.
Pas parfait.
Pas facile.
Mais profondément aligné avec qui l'on est.
Et si un jour, ne serait ce qu'une seule jeune fille tombe sur mon histoire, mon parcours ou mon livre et qu'elle se dit dit :
"WOW mais moi aussi j'en suis capable alors ?"
Alors je crois que j'aurai déjà atteins l'un de mes plus bels objectifs.